Un pied au derrière et une main par devant.
Le prince et la princesse de Comagène en sont encore tout retournés. Quelle offense ! Vous vous rendez compte ? Monsieur a une marque de pied sur son royal postérieur ! Quant à Madame, une main a exploré les régions les plus reculées de son anatomie ! Quel outrage ! Enfin... un outrage qui semble avoir laissé un souvenir aussi délicieux qu’impérissable à Madame, mais passons. Une chose est sûre, c’est que ce pied et cette main appartiennent à une seule et même personne. Mais qui ? Mon dieu, qui ?
Fidèle à son goût pour les pièces oubliées ou méconnues (souvenez-vous du Temps des croisades proposé à Lons il y a deux ans), la compagnie Les Brigands exhume cette fois La Botte Secrète de Franc-Nohain et Claude Terrasse, fantaisie burlesque et volontiers égrillarde, qui examine tout en légèreté les rapports de classe (l’auteur du forfait serait un égoutier de Paris aux idées progressistes). Nul doute que l’inclassable metteur en scène Pierre Guillois ajoutera à cet opéra-bouffe politique son ton caustique personnel et ses idées décalées. L’ancien directeur du Théâtre du Peuple de Bussang s’était déjà frotté à l’exercice avec une grande réussite à l’occasion d’Abu Hassan.
Ça chante, donc, ça danse, aussi, au milieu de gags à hurler de rire et d’anachronismes à tomber par terre : cette Botte Secrète est l’occasion pour la compagnie de célébrer ses dix ans en musique avec quelques surprises de poids - et de sortir, attention les yeux, leur propre botte secrète, faite des coups les plus tordus...