Et que ne durent que les moments doux...
L'artiste débarque, seul en scène, un peu hagard, un peu perdu, comme s'il était à la recherche de quelques grammes de poésie dans un monde désespérant de banalité. Un peu torturé, aussi, par des questions existentielles comme la mort, l'amour, ou la vitesse orbitale de la Terre qui devrait lui permettre d'atteindre la vitesse de deux millions de km/h sans rien faire...
Et puis c'est parti. Des objets se mettent à voler, à voltiger, à virevolter, à tournoyer. Car l'homme a décidé de prendre le taureau par les cornes, d'agir plutôt que de continuer à se triturer le cerveau... et l'homme est jongleur. Mais attention : le spectacle ne s'appelle pas Le Cirque Précaire pour rien. Jongler, oui, mais pas avec n'importe quoi. Des choses très rustiques, pas du tout faites pour la jonglerie au départ, comme des scies ou des faux. Des objets détournés de leur fonction primaire...
Par le choix de ces objets, Julien Candy nous propose de nouvelles variations de jongle, mais nous entraîne surtout, et de manière irrévocable, dans un monde intime, surprenant : son monde à lui. S'accompagnant d'un violoncelle, le bougre parvient même à faire jaillir d'un simple morceau de papier ou d'un cerceau en plastique une réelle émotion. Alors, précarité de la forme, peut-être, mais pas des sensations produites. Pendant longtemps, dans
votre tête, continueront de jongler une foule d'images indélébiles...
« Julien Candy [...] a construit seul son langage et inventé une façon d'être en piste entre jeux de mots, jeux de jambes et jeux de mains infinitésimaux. S'il ne quitte pas le sol, ses arabesques sont aériennes. »
TÉLÉRAMA