De Venise à Buenos Aires.
Vous connaissez Vivaldi, bien sûr. Vous connaissez les Quatre Saisons, bien sûr. Quatre concertos pour violon et orchestre à cordes qui sont à la musique classique ce que Ruby TuesdayouSympathy for the devil, disons, sont à la musique rock. Mais connaissez-vous les Quatre Saisons d'Astor Piazzolla ? Non ?
Vous ne saviez peut-être pas qu'Astor Piazzolla s'était frotté, dans les années cinquante, à la musique classique pour essayer de sortir le tango de l'impasse dans laquelle il s'était enfermé. Ça a donné le nuevo tango, qui intégrait des harmonies et des polyrythmies inspirées de Ravel, Stravinski ou Bartók, faisant ainsi passer le tango de la salle de danse à la salle de concert. Ça a donné, entre autres, ces Quatre Saisons de Buenos Aires...
Les Quatre Saisons de Buenos Aires sont évidemment un hommage à celles de Vivaldi. Mais si les concertos de l'un, avec leurs aboiements de chiens, leurs gazouillis d'oiseaux et leurs grondements de tonnerre, sont pastoraux, les quatre pièces de l'autre sont, elles, profondément urbaines, pleines d'énergie rythmique, de dissonances et de contrastes. Si l'Italien cherchait à traduire les sonorités de chaque saison, l'Argentin, lui, tente plutôt d'en dépeindre l'essence même. Une belle occasion vous est offerte de faire la comparaison. Et huit saisons pour le prix de quatre, ça ne se refuse pas...
« [...] sonorité ample, finesse de l'analyse et de la réalisation, sensibilité à fleur de peau et maturité étonnante [...] » à propos de Sébastien Van Kuijk
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